Flashback. Madrid, dimanche 23 Octobre, 10h30.
Nous sortîmes donc du Prado.
Le musée suivant n’est pas bien loin, presqu’en face de la gare d’Attocha, celle qui avait subi les attentats terroristes. Les commémorations ne sont pas tellement mon style et la largeur de la chaussée à traverser m’a dissuadé d’aller faire un tour dans la gare ; je suppose qu’il y a un petit mémorial pour rappeler le drame. Je me suis contenté d’avoir une courte pensée pour les victimes pendant que je photographiais la gare en arrière-plan.
Le musée de la Reine Sophie est installé dans un superbe bâtiment, un ancien hôpital. Malheureusement, les photos sont interdites, ce qui fait que je n’ai pris que l’extérieur : les ascenseurs, la manif de Colombiens pour l’annulation de leur dette (si j’ai bien compris), les vendeurs ambulants. Le musée expose de l’art moderne, du « bon » que l’on comprend, pas des trucs à base de tas de charbon et petits papiers ou lunette de WC peinte en orange, non, du bon vieux Picasso, Miro et autres Dali.
En fait il y a une pléthore d’artistes (98%) que je ne connais pas et dont les œuvres nous ont bien plu. De temps en temps on croit reconnaitre un style ou une école : « tiens un … » qui nous permet d’étaler notre ignorance. Il y avait une œuvre particulièrement rigolote : à priori il s’agissait d’anodins rouleaux de tickets de caisse déroulés par terre ; en
fait ce tas dissimulait aussi un appareillage (invisible) qui faisait bouger ces bandes de papier à intervalles plus ou moins réguliers. Donc c’est à la fois statique, dynamique et sonore. Pour finir j’ai quand même « volé » quelques photos, celle d’une bibliothèque faite de bouts de bois, un tableau inspiré de Matisse et le Calder de la cour intérieur.
Et de deux. Il est midi passé. Je sais, nous ne trainons pas. En fait je ne comprend pas les gens qui restent des heures dans un musée : il est impossible de tout retenir et à moins d’avoir de solides références qui permettent d’apprécier les différents auteurs, on sature vite. En dernier lien, paradoxalement, déambuler fatigue vite. Un petit café à la cafeteria et avanti populo, direction le parc du Retiro (du repos si je ne m’abuse).
Re-traversées des chaussées au péril de notre vie : le conducteur espagnol ne supporte pas de voir un piéton sur la route et se sent obligé d’accélérer pour essayer de l’écraser.Le parc du Retiro, comme tous les parcs un dimanche après-midi est envahi par les familles en promenade. Un garde siffleur rappelle avec véhémence (et souffle) qu’il est interdit de marcher sur l’herbe. Un petit lac accueille les pagailleurs (tient il n’y a pas de pédalos !).
Plus loin il y a deux pavillons, dont l’un pompeusement dénommé « pavillon de cristal » est une serre qui a servi à l’Exposition Universelle de Londres en 1897. Ce jour là, il servait d’écrin à des œuvres à base de plexiglas.
Super ! (encore « super », quelqu’un pourrait-il me prêter un synonyme ?). Les photos (interdites..) parlent d’elles même. La visite était gratuite -encore une- mais j’aurais payé sans rechigner.
L’après-midi est maintenant bien avancé. En guise de déjeuner, Marie-Charlotte s’est acheté un sachet de riz soufflé ; à défaut d’être gastronomique, ça remplit l’estomac. En route vers le 3ième et dernier musée, le « Thyssen ». Il s’agit d’un musée de collectionneur où bien entendu il est interdit de photographier. Vu la faible luminosité ambiante, cela serait de tout manière difficile sans flash et sans pied. Celui-là il est payant. Bref, qui dit « collection » dit « thème ». Il me semble que le thème est l’évolution historique de la peinture en Europe (à vérifier sur le site internet). Toujours est-il que l’on ne perçoit pas toujours l’intérêt pictural de certaines œuvres : ce n’est pas « beau », ni coloré, plutôt sombre et pauvre en éléments, style forêt au couchant avec cerf entre 2 arbres. Oui, en fait, malgré la présence de quelques toiles dignes d’intérêt, l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous. Nous en sommes ressortis sans image particulière.
Marie-Charlotte était plutôt contente de pouvoir retourner à l’hôtel, parce que le matin elle y avait découvert une borne internet gratuite.Jocelyne et moi repartons à la découverte du vieux Madrid, au rythme de la promenade.
Plaza Mayor (Jocelyne disait toujours « playa » ce qui avait le don d’irriter l’oreille linguistique de Marie-Charlotte). En plein jour nous pouvons admirer la façade peinte.
Il y a aussi des petits malins qui ont trouvé comment se faire de l’argent avec une bouche d’aération et quelques rouleaux de papier hygiénique. Manquait plus qu’une Marylin.Tiens un magasin de fringues ouvert le dimanche ! Sur la base des économies réalisées avec les visites gratuites, Jocelyne décrète qu’elle « peut » bien acheter un petit « haut » pour Marie-Charlotte. Effectivement c’est pas mal et Marie-Charlotte est toute contente quand nous la retrouvons à l’hôtel où elle est en liaison MSN avec sa cousine et des copines.
20 heures : il est temps d’aller diner. Le premier restaurant n’ouvre que dans une demi-heure, alors va pour le suivant. Nous mangeons presque sur le pouce et pas vraiment espagnol, à savoir sushis et salade… Les tapas se sera pour demain.
Hop au lit, via MSN-bis pour la digestion de Marie-Charlotte. Il y a moins de monde dehors, surtout nettement moins de voitures que hier soir. La nuit sera calme.