vendredi, novembre 17, 2006

Sur les traces de Chirac.
Aujourd’hui c’est samedi et nous partons rejoindre Alexandre. Nous avons une réservation pour le bus de 8:30. Depuis hier nous savons que cela veut dire que nous devons prendre ce bus, sinon il faut repasser au guichet pour changer le billet. Un peu de stress pour trouver l’arrêt (naturellement nous ne cherchions pas où il fallait) et en route pour Gotemba.
A l’arrivé, Alexandre est exact au rendez-vous, au volant d’une sympathique Nissan Cube (ils auraient pu l’appeler « cubique » vu la forme). Un petit détour à l’hôtel puis chez lui pour déposer les affaires et déballer les cadeaux et c’est parti vers Shuzenki.
La route tourne, Marie-Charlotte ne se sent pas très bien. Moi-même je commence à me sentir mal. La petite halte pour admirer le lac de Ashi est la bienvenue.
Une autre particularité du Japon : les routes à péage, la route normale, style départementale de chez nous.
Il est midi, c’est un paysage de montagne, les rizières ont été récoltées. Tout à coup, Alexandre freine puis fait une marche arrière : il vient de repérer une auberge dans une rue adjacente. Ça a l’air chouette et nous sommes les seuls français (d’accord, le contraire eût été étonnant). Et de plus, pas de fumeur à l’horizon. Nous nous installons, les pieds dans une fosse, ce qui est plus confortable qu’en tailleur et nous commandons (nouilles soba, udon, tempura). Rassasiés, nous finissons le bout de route jusqu’à Shuzenji.
Ce bourg dans la montagne est assez touristique de par le nombre de temples. Il y a un très beau ryokan où séjourna paraît-il Chirac (ça nous l’apprendrons plus tard).













La voiture garée, en route pour la promenade. Les boutiques sont chouettes, particulièrement celle-ci qui vend des poteries et céramiques. Nous entrons. Notre accent nous trahi auprès de la vendeuse « furangu » et pour cause. Elle nous raconte que « le président Chirac » est déjà venu avec Bernadette (elle a dit « Madame ») il y a 2-3 ans. Elle se souvenait très bien de ce qu’il avait acheté (il a fait des dépenses raisonnables). Les produits ont l’air de très bonne qualité et surtout à des prix abordables. Nous avons vu plus tard d’autres belles boutiques, à Kyoto, mais à vue de nez trois fois plus chères. Alourdis de quelques coupes et allégés d’autant de yens nous continuons, sur un sentier bordé de toiles d’araignées et donc d’araignées. Pour Marie-Charlotte qui a la phobie des araignées, ce fut la séquence « Fort Boyard » ; il a fallut la motiver un peu sinon nous y serions encore.
Encore une particularité, par rapport à chez nous : les statues, voire les pierres ou stèles sont « habillées », généralement en rouge (je n’ai pas encore recherché pourquoi).

Une grande boucle nous ramène dans le village. Alexandre s’achète une pâtisserie locale à un stand au bord de la rue et nous la fait goûter : c’est à base de riz et d’haricots rouge et c’est bon. Nous dégusterons d’ailleurs d’autres spécialités dans une confiserie un peu plus tard. C’est d’ailleurs une constante, la plupart du temps on peut goûter avant d’acheter (ce serait sympa chez nous) et ces petits picorements nous servirons souvent de coupe-faim.










Le cadre est vraiment bucolique, avec la rivière, les ponts rouges, les bambous. Au bord de l’eau, une sorte de kiosque permet de prendre des bains de pied dans une source d’eau chaude. Nous visitons une expo photos (ah les arbres !), un temple (notre troisième, après j’arrête de compter), la confiserie déjà mentionnée ; Jocelyne nous achète des poires nashi (ou sont-ce des pommes ?). Devant le ryokan, 6 dames en habit traditionnel semblent attendre un client important.
L’après-midi est déjà bien avancé quand nous quittons Shuzenji ; quelque chose me dit que ce n’est qu’un au-revoir. Alexandre branche son gps pour nous ramener par une autre route, nettement plus embouteillée (style périf à la sortie des bureaux). Je m’amuse à reconnaître les voitures « exotiques » comme une Peugeot 207 ; j’ai même vu une 2CV ; il circule plus de Porsche que de Peugeot et à la réflexion aucune Renault.


A Gotemba, le temps de prendre possession de la chambre et une douche, il est l’heure d’aller au restaurant (Kurokawa). Au dernier moment, Alexandre s’aperçoit qu’il n’a pas réservé celui qu’il pensait ; petite poussée de stress qui se calme aussitôt quand nous arrivons : le cadre est des plus accueillant(s). Bon choix (Madame, bon choix Mademoiselle, bon choix Monsieur comme aurait dit Giscard).
Satoko nous rejoint en cours de repas. Nous nous r é g a l o n s. Même le saké était bon -du moins à mon goût- ; j’en ai acheté une bouteille en partant. Cerise sur le gâteau, c’était pas cher. Encore une caractéristique du Japon : la nourriture est bon marché (et bonne tout court), mais l’hôtel et les transports sont très chers.

Au lit, demain sera un autre jour.