Strasbourg, 24 Novembre

Nous voilà donc à Strasbourg. Le hasard fait bien les choses, les marchés de Noël ouvrent aujourd’hui. Ils sont disséminés un peu partout, chacun avec un thème différent. Et surtout, surtout, SANS musique. Ouf, pas de « petit papa Noël » ni de « mon beau sapin ». A dire vrai, on en a bien entendu quelques échos, joués par un orgue de barbarie (déjà rien que le nom…), mais cela a été bref.

Le rendez-vous est à la gare fraichement rénovée, les « parisiens » arrivant en Shinkansen-TGV et les « locaux » en Tortillard Exclusivement Régional (TER). Shimako, Yatsuko et Satoko peuvent presque se croire chez elles, au nombre de touristes japonais qui débarquent- En fait, c’est aussi la semaine du tourisme avec le Japon.

Il fait froid, à peine au dessus de 0 degré. En avant, direction la Petite France, via la Grand-Rue. Il y a plus direct, mais Jocelyne nous a concocté un itinéraire passant devant un magasin de thé, « le Thé des Muses ».
Superbe idée.

Non seulement ils ont un choix immense de thés de qualité, une salle de dégustation, mais ils connaissent parfaitement leurs produits. Nous choisissons un Pu Er peu fermenté et Yatsuko se fait un matcha.
Au prochain arrêt Alexandre nous fait goûter du vin chaud. Avec la musique, c’est la deuxième chose que je déteste sur les marchés de Noël : cette odeur de vinasse chaude qui flotte. Mais là, franchement, il est bon.

Nous flânons dans la Petite France, le long des canaux. Il est midi, Marie-Charlotte nous rejoint. Le repas est encore loin, la réservation au Strissel n’est que pour 13h30. C’est finalement le temps qu’il nous faudra pour y arriver. Explication : on marche (très) doucement et on s’arête souvent. Nous en profitons pour faire provision de pains d’épice chez Mireille Oster (pub gratuite
http://www.paindesoleil.com/ensemble.htm). La vendeuse semble épuisée de nous avoir présenté tout l’assortiment du magasin.

La place Gutenberg accueille un marché de Noël (il y en a partout) dont le thème est la solidarité. Ce sont des Canadiens qui tiennent les stands. L’accent du Québec fait remonter la température d’au moins 2 degrés.

Au Strissel, rien à dire, c’est de la brasserie alsacienne d’Alsace : choucroute, choucroute et choucroute, cop au vin, salade mêlée (à la strasbourgeoise, à savoir cervelas + emmental), servis avec l’accent local.
L’estomac calé et le plein de calories fait, c’est reparti pour un tour de la cathédrale. La foule est dense. Alexandre et Satoko s’offrent une nappe Beauvillé. La moyenne se maintient et nous bouclons la boucle vers 16h00 à l’horloge astronomique (il est donc 16h30).





Même les petits cochons sont déguisés en Père Noël, c'est "kawai"...
Vers 17h, la nuit tombe. Tout doucement nous mettons le cap sur la gare par un large crochet autour de la place Kléber. La dernière « bonne adresse » de Jocelyne, la pâtisserie Riss, s’avère bondée. Alexandre nous trouve une solution de repli dans l’établissement d’à coté où nous finissons les « manale » que Jocelyne, dans un beau réflexe, avait acheté en sortant.
Il reste un dernier geste symbolique (rituel ?) d’une journée en Alsace : l’achat d’un Munster. Nous retournons donc au marché des « Petits Producteurs Irréductibles ». Faire déguster du Munster à des japonais, c’est déjà pas mal (en général, on ne touche pas la nourriture avec les doigts au Japon), mais en plus sans baguettes, cela devient un exercice de Fort Boyard : ces dames l’ont fait (bravo).
Les mains encombrées de paquets, de sacs, de pains d’épices, de bouteilles et de choses plus ou moins odorantes, nous rejoignons le quai numéro 1 où il faut bien se quitter, Paris n’étant pas à coté de Saint Louis et vice-versa.
Ce fut une belle journée. A quand un marché de Noël au Japon ?